Site officiel de défense des droits d'usage et de la forêt usagère

Un lieu chargé d'histoire

 
On ne peut comprendre la forêt usagère sans connaître son histoire
En effet, le statut de la Forêt Usagère (La Montagne) fut officialisé au XVème siècle.Les paroissiens de La Teste, Cazaux et de Gujan (aujourd'hui Gujan Mestras) supplièrent le Captal de l'époque, Jean de Foix de Grailly, de leur donner l'usage de la forêt testerine notamment pour récolter la gemme dont ils tiraient la plus grande ressource.
Jean de Foix de Grailly, confirme avec la baillette de 1468, ce qui avait déjà été concédé par son père Gaston 1er Comte de Foix, le droit aux habitants de pratiquer le gemmage (moyennant une redevance: le droit gemmayre), de prendre du bois mort pour le chauffage et de couper du bois vert pour construire bateaux et cabanes, avec la permission du Captal
La Forêt Usagère est régie depuis cette époque par des règles particulières appelées Baillettes et transactions
Les Baillettes sont des conventions qui ont été octroyées par le Captal de Buch aux habitants du Captalat
Les Transactions sont des conventions qui ont été établies, après négociation, entre les différentes parties; Captal, paroisses, puis communes, ayant-pins, usagers.
les habitants sont répartis en deux catégories: les ayant-pins, propriétaires de parcelles et disposant du droit d'extraire la gemme, et les non ayant-pins, jouissant du droit d'usage sur le bois mort et le bois vert.
Le statut de la forêt fut menacé à plusieurs reprises; en 1535, Gaston de Foix, Captal de Buch, n'accepte pas de reconduire les droits d'usage, à moins de se voir verser une forte somme d'argent. Il y eut des difficultés également en 1587avec le duc d'Epernon, également Captal de Buch
En 1604, une transaction confirma les droits acquis, moyennant augmentation du droit gemmayre et versement de 1200 livres au Captal
Les transactions de 1604 et 1645 formulèrent précisément les droits accordés aux habitants.
Ils vont tous dans le sens de la préservation du massif, le droit d'usage doit se pratiquer en "bon père de famille", en évitant de dégrader la forêt et en choisissant soigneusement les pins à abattre avec des officiers du Captal. De plus, les usagers doivent combattre les incendies.
En 1713, Henri de Foix Candale vend La Montagne à Jean Baptiste Amanieu de Ruat, Seigneur du Teich.
Les Captaux de la famille de Ruat se heurtent à nouveau aux habitants, et après moult péripéties abandonnent le propriété de La Montagne en 1746 et reconnaissent à perpétuité les ayant-pins comme légitimes propriétaires à condition de respecter les droits d'usage.
En 1759,une transaction rappelle que les propriétaires et non-propriétaires sont soumis à la même loi des droits d'usage: bois de chauffage (droit d'affouage), pins ou chênes,et pins vifs avec permission.
Ce droit est purement personnel: on ne peut vendre son bois, ou son bateau en dehors de la juridiction.
En 1789, grâce à la baillette de 1746, la forêt n'étant plus la propriété du seigneur François Alain de Ruat, elle ne tombera pas dans les biens communaux à La Révolution, comme les autres forêts
La transaction de 1759 antre les ayant pins et les non-ayant pins rétablit l'équilibre entre les deux parties et reste le socle de ce qui est appliqué aujourd'hui
 
    
 

 

 

 
Jean de Grailly Biographie
Johan III de Grailly, (né en 1330 - mort le 7 septembre 1376) ou Joan de Buch en occitan, captal de Buch de 1347 à 1376 est l'un des principaux capitaines de la guerre de Cent Ans
Fils de Johan II de Grailly (+1343), premier captal de Buch de la famille Grailly, et de Blanche de Foix, il est célébré par Froissart comme un parangon de vertu chevaleresque.
Descendant de Jean 1er de Grailly qui se trouva aux côtés du futur comte Pierre de Savoie et de nombreux chevaliers savoyards et du pays de Vaud -venus soutenir le roi Henri III, neveu de Pierre- à l'instar de ses ancêtres, il est fidèle aux rois d'Angleterre -ducs d'Aquitaine- dans leur lutte contre les rois de France.
Le titre de captal ("capdàu" en gascon) de Buch signifie "seigneur principal" de Buch (territoire entourant notamment le bassin d'Arcachon). La localité principale où se situait le château seigneurial était La Teste de Buch.
Les captaux de Buch de la famille de Bordeaux - dont Johan III descend par sa grand-mère Assalhide de Bordeaux - possédaient aussi la seigneurie de Puy-Paulin, en plein Bordeaux.
Il succède à la mort de son grand-père Pey II de Grailly (+1357) aux vicomtés de Benauges (région de Cadillac, Gironde) et de Castillon (Castillon la Bataille) devenant ainsi le seigneur le plus important de l'Aquitaine anglo-saxonne.
Le fait que son grand-père soit mort bien après son père et après la bataille de Poitiers (1356) explique pour quelles raisons Johan III de Grailly fut connu sous le nom de "Captal de Buch", le seul titre d'importance qu'il avait jusqu'en 1357.
Quand en 1348 Edouard III fonde l'ordre de la Jarretière, il est un des premiers à en faire partie. Cependant la stalle du captal de Buch à la chapelle Saint Georges de Windsor et les premiers statuts de l'Ordre qui ont survécu (qui datent tous du début du XVéme siècle) portent le nom de "Pierre, captal de Buch", ce qui fait parfois supposer que son grand-père , Pey II de Grailly, fut fait chevalier de l'Ordre avant Johan III. En fait, il s'agit d'une erreur, et c'est bien Johan III qui fut le premier chevalier de la Jarretière de sa famille.
Le 27 novembre 1350 il célèbre au château de Cazeneuve son mariage avec Rose d'Albret.
Un Jean 1er de Grailly, sénéchal d'Edouard 1er d'Angleterre, est cité comme acquéreur en 1290 du château de Roquefère, en Agenais, où séjourna en 1305 Bertrand de Goth, futur pape Clément V.
Lié d'amitié avec John Chandos,connétable d'Aquitaine et de Guyenne pour Edouard III d'Angleterre, Grailly lui céda cette seigneurie "pour en jouir sa vie durant" , point de départ d'in interminable procès.
Il entre dans l'Histoire quand il va en Angleterre à la tête d'une délégation de nobles gascons pour demander de l'aide contre les Français (1355) et que le prince de Galles Edouard (surnommé au XVIème siècle le Prince Noir) soit mis à la tête de l'expédition.
L'armée du Prince Noir arrive à Bordeaux en septembre 1355 et effectue avec le captal deux expéditions contre le royaume de France, dont la seconde se termine par la victoire de la bataille de Poitiers (1356).
Tous les chroniqueurs soulignent le rôle primordial du captal lors de cette bataille. Avec un détachement de cavaliers gascons, il effectua un mouvement tournant qui prit à revers l'armée du roi de France Jean II Le Bon, ce qui permit la victoire des Anglo-Gascons .
La célébrité du captal de Buch atteignit dès lors des sommets en Europe occidentale et on le plaça alors sur le même plan que son compagnon John Chandos et que son "rival" du parti français, le Breton Bertrand du Guesclin. Il est un des héros chevaleresques des Chroniques de Froissart.
En 1357-1358 il participe aux côtés de son cousin germain Gaston Fébus, comte deFoix et vicomte de Béarn (1343-1391) à la "croisade" annuelle des chevaliers teutoniques contre les païens baltes. A leur retour e, Occident (1358), ils répriment une partie de la Jacquerie qui assiégeait la ville de Meaux , alors que, de l'autre côté de la Marne, dans le quartier du Marché, se trouvait la femme du dauphin (futur Charles V) avec 300 dames .
Même après le traité de Brétigny-Calais (1360) qui établit la paix entre le roi d'Angleterre Edouard III et le roi de France Jean II, le captal désire continer à combattre.
Il s'allie avec le roi de Navarre Charles II (dit depuis le XVIème siècle "Le Mauvais") et il défend ses possessions normandes à la bataille de Cocherel (6 mai 1364) où il est battu et fait prisonnier par les Français de Bertrand du Guesclin appuyés par quelques nobles anglo-gascons également sans emploi à cause de la paix.
Après avoir promis au roi de France Charles V de jouer les intermédiares avec le roi d'Angletarre en vue d'appliquer correctement le traité de paix, ce roi lui rend la liberté, et pour se l'attacher, lui donne la seigneurie de Nemours et obtient ainsi son hommage.
Mais le Prince Noir, Edouard, prince d'Aquitaine depuis 1362, lui reproche d'avoir accepté cette nouvelle allégeance et le captal rend alors Nemours au roi de France.
Il participe évidemment à l'expédition en Castille du Prince Noir qui replace provisoirement Pierre le Cruel sur le trône castillan après la victoire obtenue lors de la bataille de Nàjera (3 avril 1367) contre Henri de Trastamare et Bertrand du Guesclin.
A la suite de l'appel du Comte d'Armagnac Jean 1er contre le fouage (taxe levée par foyer) décidé par le Prince Noir en 1368, la guerre reprend avec la France. Bien sûr, le captal combat de toutes ses forces aux côtés du parti "anglais". Le Prince Noir lui donne le comté de Bigorre (27 juin 1369) pour lutter efficacement contre le comte d'Armagnac qui s'est fait donner ce comté par le roi de France.
A la suite de la mort de John Chandos (2 janvier 1370), le captal lui succède en tant que connétable d'Aquitaine. Le 23 août 1372, à Soubise, il tombe à nouveau entre les mains de Français qui, cette fois, le gardent en prison, dans la Tour du Temple à Paris, où il mourut le 7 septembre 1376.
On ne sait s'il fut enterré à Paris comme l'affirme Froissart ou à Bordeaux en l'église des Franciscains (quartier Saint Michel), comme il l'avait demandé dans son testament (1369)
 
Jean de Grailly Descendance
Il ne laissa aucun héritier de son mariage avec Rose d'Albret et légua toutes ses possessions à son oncle Archambaud de Grailly, qui lui succéda sans opposition.
Le captal eut un fils bâtard, nommé comme lui Johan de Grailly, qui n'était probablement pas né à la date du seul testament de Johan III qui nous est parvenu (16 mars 1369) puisqu'il n'y est pas mentionné. Comme le captal fut fait prisonnier en 1372, il n'a pu naître qu'entre 1369 et 1372.
Il est mentionné en 1394 en tant que jeune capitaine de Bouteville (entre Cognac et Angoulême) , une possession de son oncle Archambaud.
Froissart le rencontra lors d'un voyage à Londres (1394) quand les Gascons s'opposèrent au don du duché d'Aquitaine à Jean de Gand, frère du Prince Noir et oncle du roi d'Angleterre Richerd II , dit "de Bordeaux".
Johan de Grailly participa à la défense de Blaye lors de son siège (1406) par une armée française dirigée par Louis 1er d'Orléans.
Il mourut à Blaye en 1407 et fut enterré en grande pompe à Bordeaux et ne semble pas avoir laissé d'enfants.
 
Sont issus d'Archambaud de Grailly ou lui sont apparentés:
- La comtesse de Grailly, propriétaire avec sa soeur Melle de Kercado de la "chartreuse" de Tauzia (Gironde) , édifiée en 1778 par l'architecte néo-classique Victor Louis, qu'elles vendirent en 1888 à Mme Octave Calvet ("L'Aquitaine des châteaux", Hachette, 1977, pp 82 et 83)
- Peut-être le peintre Victor de Grailly (Paris,1804 - ? 1889), élève de Jean-Victor Bertin, qui exposa au Salon depuis 1833
- Le marquis Gaston de Grailly (XIXème siècle), dont l'hôtel particulier familial de Poitiers est devenu le siège de la délégation Poitou-Charentes du Centre national de la fonction publique territoriale (C.N.F.P.T.), et qui avait comme résidence estivale le château de Panloy à Port d'Envaux (Charente Maritime) , dont le pigeonnier complet datant de 1620 est le mieux conservé du département.
La demeure, "modernisée" vers 1770, fut l'objet un siècle plus tard d'importants travaux d'agrandissement - galerie dite de chasse, écuries et servitudes - et d'embellissement de ses décors extérieur et intérieur suivant la mode opulente du temps.
- Le petit-fils de Gaston de Grailly, Archambaud, fonda avec le docteur Jean Texier, propriétaire par mariage vers 1920 du château de Dampierre-sur-Boutonne (Charente Maritime), et d'autres responsables de vieilles demeures du département l'association La route historique des trésors de Saintonge , un des premiers circuits de découverte touristique du patrimoine monumental local, encore active.
Au château de Panloy, ses descendants conservent souvenirs et documents familiaux - des archives seigneuriales provenant de cette maison ont été déposées aux archives départementales de Charente Maritime et communicales sur autorisation - et continuent d'y recevoir le public.
 
 

 
Jean Louis de Nogaret, seigneur de La Valette et de Caumont, duc d'Epernon (château de Caumont, mai 1554 - Loches, mort le 13 janvier 1642), militaire français, est l'un des mignons du roi Henri III, avant de devenir son favori, conjointement avec le duc Anne de Joyeuse puis seul après le décès de ce dernier. ...
Le duc d'Epernon est pendant trois règnes (Henri III,Henri IV et Louis XIII) l'un des principaux personnages de la noblesse française. Particulièrement altier, il a l'art de se créer de puissantes et profondes inimitiés. Durant les guerres de religion, il reste profondément catholique et reste fidèle dans ses allégeances. Toutefois son action semble suivre le sens de l'intérêt bien compris de lui-même et de son clan. De 1584 à 1589 il soutient énergiquement Henri III contre la Ligue pro-espagnole. Vingt ans plus tard, il joue un rôle essentiel dans la prise de pouvoir par les catholiques proches de l'Espagne.
L'exemple de ce grand seigneur, animé par une mentalité aristocratique traditionnelle, est un de ceux qui ont inspité les réflexions du Cardinal de Richelieu sur l'affermissement d'un Etat impartial au-dessus des individus et autres corps organisés.
 
Biographie
L'ascension d'un cadet de Gascogne

Il est le fils de Jean Nogaret de La Valette, seigneur du château de Caumont (à Cazaux-Savès en Gascogne) et de Jeanne de Saint-Lary de Bellegarde, fille de Pierre/perroton de St-Lary et soeur de Roger 1er de St-Lary.

Son père et son grand-père, Pierre de Nogaret, sieur de La Valette, ont combattu lors des guerres d'Italie. C'est donc tout naturellement que Jean-Louis embrasse la carrière militaire. Cadet de Gascogne, il participe rapidement aux batailles des guerres de religion: Mauvezin avec son père dont il sauve la vie, puis à l'infructueux siège de La Rochelle et aux victorieux sièges de La Charité sur Loire, de Brouage, et d'Issoire (1577)

C'est lors du siège de La Rochelle qu'il rencontre le duc Henri d'Anjou,futur roi Henri III. Nogaret s'attache ensuite au roi de Navarre et fuit la Cour avec lui en 1576. Il n'entre dans le cercle très restreint des proches d'Henri III qu'en décembre 1578. Il devient alors avec le duc de Joyeuse le plus proche collaborateur du roi. Séducteur et charismatique, il met à profit l'affection du roi qui, selon de Thou, l'aimait éperdument. Entreprenant et énergique, il bénéficie d'une bien meilleure santé que son maître et en devient l'indispensable bras droit.

Fort de son influence auprès du roi, il est nommé tour à tour maître de camp du régiment de Champagne (1579),

gouverneur de La Fère, ville qu'il a reprise aux troupes de Condé (1580). Il y reçoit une blessure d'arquebusade au visage,

colonel général des Bandes françaises (qui devient pour lui un grand office de la couronne),

duc d'Epernon, pair de France et conseiller d'Etat (1581),

premier gentillhomme de la chambre du roi (1582),

chevalier de l'ordre du saint Esprit, gouverneur du Boulonnais et de Loches, de Metz et du Pays messin,

de la citadelle de Lyon (1583), chevalier des ordres du roi (1584), gouverneur de Provence (1586).

A la mort du duc de Joyeuse (1587), son seul véritable rival dans la confiance du roi, il est amiral de France, gouverneur de Normandie (novembre 1587 - mai 1588), de Caen, et du Havre de Grâce.

Il épouse en août 1587 Marguerite de Foix-Candale (1567-1593); fille de Henri de Foix et nièce de Charles de Montmorency-Damville, qui est opposé à la Ligue. Suivant une pratique courante dans la noblesse, cette héritière du captalat de Buch en Gascogne, accepte d'épouser un homme d'une moindre condition que la sienne pour que leur fils aîné, Henry, reprenne et perpétue le nom et les titres de sa mère. La mort prématurée d'Henry sans héritier causera la transfert du captalat de Buch à son frère cadet Bernard, déjà héririer des titres de leur père.

 
Un homme d'Etat catholique contre la Ligue

A l'époque de la montée en puissance de la Ligue, il sert de lien entre le roi Henri III et le roi Henri de Navarre, gouverneur de Guyenne. Lors de la mort du frère cadet d'Henri III en 1584, afin d'éviter une guerre de succession, il essaie de convaincre Henri de Navarre Le roi le démetde revenir au catholicisme, en vain. Son opposition à la Ligue le fait détester d'une très grande partie de la population et une vaste campagne de propagande est entretenue contre lui; on tente même de l'assassiner.

Pour contrer la Ligue, il entreprend de fédérer les catholiques modérés et les protestants autour de l'Etat royal. Il compte lutter contre la Ligue en se basant sur les provinces méridionales. Il a pris le contrôle de la Provence et de la Saintonge. Il est, par sa femme, allié au duc de Montmorency, gouverneur du Languedoc, alors que les protestants sont solidement implantés de la Guyenne au Dauphiné. Par ailleurs, il est maître de plusieurs points stratégiques d'accès vers le nord de la France: Boulogne-sur-Mer, Loches sur la Loire, et Metz, noeud de communication vers l'Allemagne.

Lors de l'expédition maritime espagnole contre l'Angleterre, il contribue aux difficultés de l'invincible armada en veillant à ce qu'elle ne puisse utiliser le port de Boulogne.

Quelque temps après la journée des barricades (1588), il doit quitter la Cour, sacrifié par Henri III aux exigences des Ligueurs. Il se démet de sa charge de gouverneur de Normandie et de celle d'amiral de France. Cette dernière est transmise à son frère, Bernard de Nogaret.Le roi le démet , après l'Edit d'union, de sa charge de gouverneur de Provence, qui passe à son frère Bernard, en lui laissant celle de gouverneur d'Angoumois et de Saintonge où il trouve refuge jusqu'en 1589. Retiré dans son gouvernement à Angoulême, il écrit au roi des lettres très soumises, tout en montrant qu'il représente une force militaire et politique. Il est rappelé au début de 1589 , redevenant gouverneur de Provence et amiral du Levant (charge attachée au gouverneur de Provence) après la mort du duc de Guise.

Devant Henri III mourant, et à sa demande, en 1589, le duc d'Epernon se rallie à Henri de Navarre. Mais, tenant le futur Henri IV responsable du triste sort d'Henri III, il retire aussitôt ses troupes du siège de Paris que le roi de France doit abandonner.

Henri IV obtient la soumission de Charles de Guise à sa cause par un échange de sa charge de gouverneur de Champagne contre celle de gouverneur de Provence et d'amiral du Levant. Le duc d'Epernon se juge mal récompensé des efforts q'il a faits pour maintenir la Provence au roi. Henri IV lui propose la charge de gouverneur du Poitou qu'il refuse.

Profitant des difficultés du roi, il quitte son parti et se rapproche pour un temps du comte de Carcès, nommé gouverneur de Provence par le duc de Mayenne, et de la Sainte-Union, mais il est battu en 1596 par Charles de Guise.

Avec l'arrêt Le Maistre, le 28 juin 1593, le Parlement de Paris reconnaît qu'Henri de Navarre est l'héritier légitime de la couronne, la conversion d'Henri IV au catholicisme le 25 juillet, son sacre le 27 février 1594 et la reprise en main qui s'ensuit, la reconnaissance du Parlement d'Aix, l'obligent à se soumettre en mai 1596. Après un accord financier, il quitte la Provence et se rend à Paris où il est reçu par le roi.

 

Un épisode de l'éviction du duc en 1588; assiégé dans Angoulême

Une clause secrète de l'Edit d'union signé le 15 juillet 1588 entre Catherine de Médicis, le cardinal de Bourbon et le duc de Guise prévoit une mise à l'écart du duc d'Epernon. Le favori d'Henri III ne doit conserver qu'un seul de ses gouvernements. Le médecin d'Henri III informe l'ancien mignon le 24 juillet 1588 de l'accord passé avec l'Union catholique. Contraint de quitter la Cour, le duc d'Epernon choisit de demeurer gouverneur de l'Angoumois et il fait son entrée le 27 juillet 1588 à Angoulême.

Trois jours plus tard, le maire du fief charentais , François Normand, sieur de Puygrelier, reçoit un courrier du roi, contresigné du secrétaire d'Etat Nicolas de Neufville, sieur de Villeroy, lui ordonnant de ne pas laisser entre le duc d'Epernon en sa ville. Puygrelier envoie alors son beau-frère, Souchet, rencontrer Henri III et Villeroy à Chartres. Souchet reçoit l'ordre d'arrêter l'ancien mignon et de le conduire à Blois. Le 10 août 1588, la municipalité ligueuse tente de prendre d'assaut le château où habitent le duc d'Epernon et quelques gentilhommes alliés. Puygrelier est tué dans la fusillade.

Pendant la nuit suivante, Jean de Lupiac-Moncassin, sieur de Tajan, un cousin d'Epernon et qui fut mestre de camp du régiment de Picardie, qui accourt de Saintes, pénètre dans Angoulême. Il négocie avec les autorités municipales une amnistie générale qui débouche sur la libération du duc. L'intervention du sieur de Tajan aurait été motivée par sa volonté d'empêcher les combattants huguenots commandés par le comte François IV de la Rochefoucauld (1554-1591) et Gaspard Foucaud-Baupré d'intervenir puis de s'emparer de la ville. De son côté, le duc d'Epernon reste convaincu que l'attaque subie à Angoulême a eu le secrétaire d'Etat Villeroy, son principal adversaire dans le parti royal, pour commanditaire.

 
L'assassinat d'Henri IV ; le duc d'Epernon au service de Marie de Médicis

Le règne d'Henri IV est une période de contrariété pour le duc d'Epernon. Le nouveau souverain ne se gêne pas pour prendre ses décisions en ignorant les prérogatives du duc. Ce dernier fait bonne figure en précisant au roi que "pour ce qui est de l'amitié, elle ne peut s'obtenir que par l'amitié". Il s'occupe à la construction du château de Cadillac.

Catholique convaincu, Epernon intervient auprès du roi pour autoriser le retour des Jésuites. Il encourage les établissements de la Compagnie de Jésus dans les villes de ses gouvernements. Il leur confie l'éducation de son troisième fils, Louis, qu'il destine à une carrière dans l'Eglise. Lorsque Henri IV envisage de contester l'hégémonie espagnole par les armes, Epernon est écarté des commandements militaires.

Henri IV est assassiné par Ravaillac le 14 mai 1610. Le couronnement de Marie de Médicis a eu lieu la veille, ce qui légitime l'attribution de la régence à la reine et ouvre les portes du pouvoir aux catholiques de son entourage, proches de l'Espagne.

Epernon, qui a demandé à accompagner le roi dans son carrosse, assiste au meutre. En sa qualité de colonel général de l'infanterie, Epernon prend le contrôle de la capitale et assure la transmission de la totalité du pouvoir à Marie de Médicis, au mépris des dispositions d'Henri IV qui instituaient un conseil de régence. Le 23 juin, Epernon fait procéder au transfert à Saint Denis de la dépouille d'Henri III, son ancien maître: Henri IV avait négligé d'organiser les obsèques de son prédécesseur, source d'une vielle rancune.

Le duc d'Epernon est inquiété lorsqu'il s'avère qu'il connaissait le meurtrier. Honoré de Balzac dans son essai sur Catherine de Médicis, lui reproche de n'avoir "point paré la coup de Ravaillac", alors qu'il "connaissait cet homme de longue main". Ravaillac est en effet originaire d'Angoulême où il s'était fait connaître des services de police, dont le duc, gouverneur de la ville, est responsable. Ravaillac a été hébergé dans la capitale par une amie du duc d'Epernon et de la marquise de Verneuil, qui est en outre dame d'honneur de la reine.

Compte tenu de la qualité des personnes mentionnées, l'enquête qui a débuté est suspendue. Parallèlement, les archives diplomatiques des gouvernements de Bruxelles,Madrid et Vienne, contacts habituels des comploteurs contre le roi , sont nettoyées, comme le constatera plus tard le diplomate Philippe Erlanger.

L'attention se détourne rapidement du duc car il est évincé par Concini. S'il devient un conseiller de Marie de Médicis généreusement pensionné, l'essentiel du pouvoir lui échappe. La fidélité d'Epernon à la régente semble indéfectible. Lorsque celle-ci est finalement astreinte à résidence à Blois (1617) et prend la fuite, le duc prend les armes pour la soutenir jusqu'à ce qu'elle soit réintroduite à la Cour.

Louis XIII ne lui en tient pas rigueur: le troisième fils d'Epernon, Louis, archevêque de Toulouse, est fait cardinal.

 

Etat officiel des procédures judiciaires visant le duc d'Epernon suite à l'assassinat de Henri IV

En 1611, des accusations furent portées contre d'Epernon au sujet de son implication dans l'assassinat du roi. L'accusatrice, mademoiselle d'Escoman, dame de compagnie de la marquise de Verneuil, implique sa maîtresse et l'accuse d'avoir organisé l'assassinat avec la complicité d'Epernon. Un procès, mené par un tribunal dont Achille de Harlay est premier président, entend les témoins, y compris Verneuil et Epernon. Le premier (et seul) arrêté pris par la tribunal est finalement le maintien en détention de mademoiselle d'Escoman. Quinze jours après l'arrêté, Harlay prend sa retraite et se trouve remplacé, par décision de la régente, par Nicolas de Verdun. Le 30 juillet, le nouveau président condamne Escoman à la prison à vie pour calomnie.

 
Au service de Louis XIII

En 1621, il est blessé lors du siège de Saint Jean d'Angély. En 1622, louis XIII, qui vient de perdre son favori Luynes, est à la recherche d'hommes d'envergure sur lesquels il peut s'appuyer. Le duc d'Epernon est nommé gouverneur militaire de Guyenne de 1622 à 1638 et mène la répression des insurrections huguenotes. Fait une seconde fois duc et pair, de son fief de Villebois en 1622 (qui devient duché de La Valette) il s'établit alors au château de Cadillac. Son deuxième fils et héritier Bernard épouse Gabrielle-Angélique de France, fille naturelle d'Henri IV et de la marquise de Verneuil.

 

 

Il reste gouverneur jusqu'en 1638, redouté par le cardinal de Richelieu, dont il critique la politique dans ses conséquences locales.Ses exécrables rapports avec Henri de Sourdis (frère et successeur du cardinal François de Sourdis) , qui demande son excommunication (1634) après que le duc d'Epernon l'a frappé en public, lui valent d'être exilé.

Il meurt en disgrâce à Loches le 13 janvier 1642, à l'âge de 87 ans.Selon ses dernières volontés, son corps est embaumé et ramené en Guyenne. Il est enterré à la collégiale Saint Blaise en face du château de Cadillac, et son coeur est déposé à la cathédrale Saint Pierre d'Angoulême, dont une petite cloche a sonné chaque matin à six heures jusqu'à la Révolution les pleurs d'Epernon pour le repos de son âme.

Il a eu de nombreux secrétaires et historiographes comme: Guillaume Girard, archidiacre d'Angoulême, et Jean Louis Guez de Balzac

 
Descendance

Marié en 1587 à Marguerite de Foix-Candale (1567-1593), il eut trois fils:

* Henri (1591-1639), duc de Candale, et par son mariage duc d'Halluin

* Bernard (1592-1661), 2ème duc d'Epernon et de La Valette

* Louis (1593-1639), cardinal de La Valette, archevêque de Toulouse

 

Il eut également quatre autres enfants:

* Louise (fille de Diane d'Estrées), abbesse de Sainte Glossinde de Metz

* Louis , évêque de Mirepoix, puis de Carcassonne, mort en 1679

* Bernard, prieur de Bellefonds

* Jean-Louis, dit le "chevalier de La Valette"

Le site de l'association de défense des droits d'Usage et de la Forêt Usagère